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Anticipation patrimoniale

Donner de son vivant : la stratégie n°1.

Tous les 15 ans, l'abattement parent-enfant se recharge. C'est la base de toute stratégie patrimoniale française.

📅 Mis à jour mai 2026 ⏱ 10 min de lecture ✍ Par Me Sophie Durand-Lhotte

Donner de son vivant permet d'utiliser plusieurs fois les abattements et de réduire l'assiette taxable au décès. C'est l'outil patrimonial le plus efficace, à condition de bien le manier.

Les types de donation

  • Donation simple — un parent donne à un enfant un bien précis. Acte notarié pour l'immobilier, possible sous seing privé pour le mobilier.
  • Donation-partage — un parent donne à plusieurs enfants en répartissant immédiatement. Effet majeur : la valeur est figée au jour de la donation, plus de réévaluation au décès.
  • Donation en démembrement — donation de la nue-propriété, conservation de l'usufruit. L'abattement s'applique sur la valeur de la nue-propriété (réduite selon l'âge du donateur).
  • Donation au dernier vivant — entre époux, augmente les droits du conjoint survivant.

Le rechargement de 15 ans

L'abattement de 100 000 € entre parent et enfant se recharge intégralement tous les 15 ans. Une donation faite en 2010 ne compte plus en 2026. C'est ce qui rend la stratégie « donner tôt, donner souvent » si efficace.

Exemple sur 30 ansDonation 100 k€ à 50 ans (2026) + 100 k€ à 65 ans (2041) + succession à 80 ans (2056) : trois abattements consécutifs, soit 300 000 € transmis sans droits à condition d'espacer.

La donation-partage

Particularité fiscalo-civile : la valeur des biens donnés est figée au jour de la donation. Au décès, on ne réintègre pas la plus-value des biens donnés. Un appartement donné en 2010 à 200 000 € qui vaut 400 000 € au décès reste « valorisé » 200 000 € dans le calcul de la réserve. Outil puissant pour éviter les conflits d'évaluation.

Le présent d'usage

Cadeau d'usage à l'occasion d'un événement (anniversaire, mariage, naissance, Noël) art. 852 C. civ. :

  • Pas de déclaration, pas de droits ;
  • Pas de rapport à la succession ;
  • Conditions : occasion familiale réelle + montant proportionné au patrimoine et aux revenus du donateur. Tolérance pratique : 2% du patrimoine ou 2,5% du revenu annuel.

Les pièges à éviter

  • Don manuel non déclaré — découvert au décès, intégré à la succession avec droits + intérêts ;
  • Donation déguisée (sous-évaluation manifeste, ventes fictives) — requalification fiscale ;
  • Rupture d'égalité entre enfants — action en réduction au décès, retour à l'équilibre ;
  • Réserve d'usufruit excessive — pas un piège fiscal mais un piège patrimonial.

Comparer 5 stratégies de transmission.

Simulateur dédié : donations étalées, donation-partage, démembrement, assurance-vie.

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