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Option successorale · Article 768 C. civ.

Renoncer à une succession : quand, comment, pourquoi.

Hériter n'est jamais obligatoire. Quand le passif dépasse l'actif ou quand on veut protéger ses propres enfants, la renonciation est une option à connaître.

📅 Mis à jour mai 2026 ⏱ 9 min de lecture ✍ Par Comité éditorial

Le Code civil offre trois options à chaque héritier : accepter purement, accepter à concurrence de l'actif net, ou renoncer. Le choix se fait dans les 4 mois, prolongeables de 2 mois. À défaut, après 10 ans, l'héritier est réputé renonçant.

Trois options, trois logiques

Chaque héritier choisit indépendamment art. 768 C. civ.. L'option est indivisible : on ne peut pas accepter une partie et renoncer à une autre.

1. Acceptation pure et simple

L'héritier devient propriétaire de sa part d'actif et redevable de sa part de passif. Si le défunt a 100 000 € d'actif et 150 000 € de dettes, l'héritier paie sur son patrimoine personnel. L'acceptation peut être tacite (ex. encaisser un loyer, vendre un meuble du défunt) ou expresse par déclaration.

2. Acceptation à concurrence de l'actif net

Forme protectrice : l'héritier accepte mais sa responsabilité est limitée à l'actif reçu. Si le passif dépasse l'actif, il ne paie rien de plus. Procédure : déclaration au greffe du TJ, publicité (BODACC, journaux), inventaire obligatoire dans les 2 mois. Coût : environ 800 à 1 500 €. Utile en cas de doute sur la consistance du passif.

Cas typiqueUn parent décédé avec des dettes commerciales importantes mais une maison. L'acceptation à concurrence permet de sauver la maison (valeur de l'actif) sans porter les dettes au-delà.

3. La renonciation

L'héritier est réputé n'avoir jamais été héritier. Sa part profite à ses cohéritiers, ou à ses propres descendants s'il en a (par représentation). Formalité : déclaration au greffe du TJ, gratuite. Délai pour se rétracter : 10 ans (si la succession n'a pas encore été acceptée par d'autres). La renonciation peut être motivée par :

  • Un passif manifestement supérieur à l'actif ;
  • Une volonté de laisser sa part à ses propres enfants (par représentation) ;
  • Un conflit familial qu'on ne veut pas porter ;
  • Un héritage symbolique qu'on préfère laisser à un frère/sœur particulier.

Et pour les enfants de l'héritier renonçant ?

Depuis la loi de 2006, les enfants viennent automatiquement en représentation de leur parent renonçant. Ils héritent à sa place, sans formalité supplémentaire. Si ce n'est pas souhaité, ils peuvent renoncer à leur tour.

Côté fiscal, chaque renonçant n'est pas considéré comme héritier — les descendants représentants assument l'imposition, avec leurs propres abattements.

Simuler tous les scénarios.

Renonciation, acceptation, représentation — Succession IA montre l'impact patrimonial de chaque option.

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