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Droit successoral · Code civil

Les 4 ordres d'héritiers, hiérarchie et représentation.

Sans testament, ce n'est pas l'âge ni l'affection qui décide : c'est l'article 734 du Code civil. Un parent au premier ordre exclut tout le second.

📅 Mis à jour mai 2026 ⏱ 10 min de lecture ✍ Par Me Sophie Durand-Lhotte · Notaire associée

En l'absence de testament, le Code civil hiérarchise les héritiers en quatre ordres, avec une règle simple : un héritier d'un ordre supérieur exclut tous ceux des ordres inférieurs. Le conjoint survivant, lui, a son propre régime — on en parle dans un autre article.

Comment fonctionne la hiérarchie ?

Quand quelqu'un décède sans testament, on cherche d'abord s'il a des héritiers du 1er ordre (descendants). S'il en existe au moins un, les ordres suivants sont exclus. S'il n'y en a pas, on passe au 2e ordre, puis au 3e, puis au 4e. Art. 734 C. civ.

1er ordre — Les descendants Art. 735

Enfants du défunt (légitimes, naturels, adoptifs simples ou pléniers), puis petits-enfants, arrière-petits-enfants. Le partage se fait par tête à parts égales entre frères et sœurs. Si un enfant est décédé avant son parent, ses propres enfants viennent en représentation et se partagent sa part.

2e ordre — Père, mère, frères, sœurs Art. 737-738

Appelés en l'absence totale de descendants. Les parents reçoivent 1/4 chacun, le reste va aux frères et sœurs (ou à leurs descendants par représentation). Si un seul parent est encore en vie, il reçoit 1/4, l'autre 1/4 va aux frères et sœurs.

3e ordre — Ascendants autres que père et mère Art. 739

Grands-parents, arrière-grands-parents. Partage par moitié entre la branche paternelle et la branche maternelle, puis par tête au sein de chaque branche. Cas rare en pratique.

4e ordre — Collatéraux ordinaires Art. 740

Oncles, tantes, cousins jusqu'au 6e degré de parenté inclus. Au-delà, la succession est dite « en déshérence » et revient à l'État (mais ses créanciers passent avant — le solde net est souvent maigre).

La représentation : un mécanisme essentiel

Quand un héritier prédécède la personne qu'il aurait dû hériter, ses propres enfants viennent en représentation et reçoivent sa part. Art. 752 C. civ.

ExempleM. Bernard a deux enfants Pierre et Camille. Pierre décède avant son père, laissant deux enfants Léo et Manon. À la mort de M. Bernard, Camille reçoit 1/2 (sa part directe), Léo reçoit 1/4 et Manon 1/4 (la moitié de la part de Pierre, leur père prédécédé).

Cas spéciaux à connaître

  • Enfant adopté simple : hérite à la fois de sa famille biologique et adoptive, mais ses propres descendants ne sont pas réservataires de la famille adoptive.
  • Frère utérin ou consanguin : hérite uniquement des biens venant de l'auteur commun (père ou mère). Règle de la « fente ».
  • Enfant non reconnu : peut faire reconnaître sa filiation post mortem dans les 10 ans (5 ans à partir de sa majorité).

Un arbre généalogique, et tout se calcule.

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